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Bernard Zimmern

14 mars 2008

L’homme qui voulait réformer l’administration ! Voilà comment on pourrait d’une phrase résumer l’action de Bernard Zimmern. Président depuis près de quinze ans de l’IFRAP qu’il a fondé en 1985, Bernard Zimmern (diplômé de Polytechnique et de l’ENA) fait partie de cette haute fonction publique qui aura trouvé très tôt l’épanouissement qu’il cherchait au sein du secteur privé. Il fut, dans une certaine mesure, précurseur de ces pratiques qui verront le jour et s’affirmeront dans les années 1980 et 1990, à savoir la direction par une grande partie de la haute fonction publique (énarques et polytechniciens pour ne pas les nommer !) des grandes entreprises françaises. Bernard Zimmern a occupé différents postes à responsabilité durant sa carrière, notamment au sein de l’ancienne Régie Renault, mais c’est certainement sa fonction de dirigeant d’entreprise qui lui aura donné l’expérience nécessaire à la réflexion et les moyens matériels pour la mettre en oeuvre, notamment grâce à une carrière aux Etats-Unis. Pays où il découvrira les think tanks.

Mais pourquoi créer l’IFRAP ? Et dans quel but ? Pour le comprendre, il suffit de prendre une date : 1981. Tout rapprochement avec une date importante dans la vie de la Vè République serait le fruit du hasard... Enfin peutêtre pas tant que ça ! En effet, en bon dirigeant d’entreprise M. Zimmern préférait développer son activité plutôt que de voir son activité administrative se développer. Entendez par là, l’augmentation considérable de documents administratifs à remplir et une pression toujours plus grande des services de l’Etat, notamment fiscaux... Le monde tournait à l’envers et ses amis et collègues énarques avaient perdu la tête. N’ayant pas de goût prononcé pour les belles voitures ni les yachts, il va créer un think tank dont le but sera d’étudier l’état et les pratiques de l’administration publique, s’inspirant en cela de certains grands patrons américains qui, fortune faite, choisissaient d’investir leur temps et leur argent dans la chose publique. Pour lui, la fonction publique devait et doit toujours s’inspirer des méthodes modernes de management afin de gérer au mieux les deniers publics. Que l’on partage ou non les postures de l’IFRAP, reconnaissons la démarche citoyenne d’un “patron” qui aurait pu tout simplement profiter de ses actifs pour couler des jours paisibles. Eh bien non, le Parlement, la fonction publique, les syndicats, le système de santé, telles sont certaines des thématiques qui ont été passées au crible et à la moulinette des experts de l’IFRAP, afin de produire des analyses et comptes rendus suffisamment clairs et digestes pour être absorbés par les décideurs et les citoyens. Son credo : “indépendance et expertise”. Indépendance car il affirme ne recevoir aucune subvention publique. Expertise car le leitmotiv de Bernard Zimmern c’est “1 dossier, 1 expert, 1 an”... En somme, on pourra discuter les postures et prises de position de l’IFRAP mais avec une bonne connaissance des dossiers.

Agé aujourd’hui de 78 ans, Bernard Zimmern garde cette même passion et cette verve qui guident souvent les personnages atypiques. Ce dernier est souvent classé à droite de l’échiquier politique, avec un vernis libéral, mais ne lui faites pas le procès de concourir à la mort du service public, auquel cas il vous expliquera son attachement profond à ce dernier et à la chose publique en général. Attachement construit au contact de grands commis de l’Etat lors de ses jeunes années et pour lesquels il garde un profond respect.

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