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Donner la parole aux jeunes de gauche : le credo du club de réflexion « Cartes sur table »

13 février 2012 par Marie-Cécile NAVES

Entretien avec Julia Cagé, membre-fondatrice du site « Cartes sur table »

Propos recueillis par Marie-Cécile Naves

Comment « Cartes sur table » est-il né ?
Au départ, l’idée est venue d’un groupe d’amis, tous étudiants à Normale Sup’. Nous avions l’impression qu’en tant que « jeunes », nous avions du mal à faire entendre notre voix dans l’espace public et dans les médias, alors que ceux-ci traitent beaucoup de problèmes vécus par notre génération (chômage, employabilité, banlieues difficiles, etc.). De plus, si, à titre individuel, les membres fondateurs de « Cartes sur table » peuvent avoir accès au débat public, c’est loin d’être le cas pour la plupart des jeunes. Par rapport aux générations plus anciennes, certes notre âge ne nous donne pas de légitimité supplémentaire pour avoir droit à la parole publique, mais il ne doit pas nous en donner moins non plus. Il faut un peu bousculer les positions établies…
« Cartes sur table » compte aujourd’hui une vingtaine de contributeurs sur son site Internet, et notre comité éditorial étudie toute nouvelle proposition d’article. Néanmoins, si nous souhaitons donner la parole aux 25-35 ans, notre public ne doit pas se limiter à ces derniers.

Cela participe-t-il d’un souhait de voir bientôt davantage de jeunes parmi les personnels politiques ?
L’objectif d’une parité « jeunes »/« moins jeunes » au sein des élus est intéressant. Une des grandes avancées promises par François Hollande a été de mettre les jeunes au centre des débats. Cependant, on aurait pu souhaiter que la composition de son équipe de campagne soit le reflet de cette annonce. Il ne s’agit pas, pour autant, de prendre la parole ou d’obtenir des postes à tout prix - il faut avant tout en avoir les compétences – mais de participer au débat.
Un de nos souhaits est d’ailleurs de permettre l’émergence d’idées plus innovantes, voire plus osées, que celles des générations déjà « établies ».

Quel profil ont les membres de « Cartes sur table » ?
Les auteurs des articles du site sont étudiants, chercheurs, enseignants, issus du monde de l’entreprise ou de la haute administration. Le principal lien entre tous, c’est l’appartenance à la tranche d’âge des 25-35 ans, ainsi que l’adhésion à des idéaux de gauche.

Avez-vous d’ores et déjà élaboré des partenariats, construit des réseaux, et lesquels souhaitez-vous développer ?
Nous avons tissé des liens avec la Fondation Jean Jaurès et le site de Non Fiction. Certains de nos membres collaborent également aux publications et aux travaux de Terra Nova. Cette proximité idéologique nous incite à nous tourner peu à peu vers la presse, avec des organes comme Libération ou Le Nouvel Observateur. D’une manière générale, nous souhaitons exister le plus possible sur le web.

Quels moyens utilisez-vous pour diffuser vos idées ?
Hormis notre site Internet, nous nous servons beaucoup des réseaux sociaux. L’organisation de conférences et de débats publics, notamment à l’occasion des prochaines élections présidentielles, fait également partie de nos objectifs à court terme.

Avez-vous des thématiques privilégiées ?
Nous nous efforçons de traiter une multitude de thèmes, en fonction des desiderata et des domaines de compétence de nos membres. Nous avons ainsi des spécialistes en économie, en politique industrielle, en sociologie… La réforme des universités et la politique étrangère, entre autres, font aussi partie de nos sujets d’intérêt.

Avez-vous l’ambition de devenir un think tank ?
En effet, c’est notre volonté. Pour ce faire, nous devons en particulier obtenir des financements. Nous souhaiterions, à terme, formuler des propositions aux décideurs politiques sur un certain nombre de sujets.

Quels liens entretenez-vous avec les partis politiques et, plus largement, les décideurs ?
Nous avons déjà, à titre individuel et professionnel, des relations avec eux. Avant d’aller plus loin et de tisser de véritables liens, nous devons consolider notre visibilité et notre légitimité sur Internet.

Pourquoi et comment, à votre avis, la société civile doit-elle intervenir dans le débat public ou politique ?
La société civile a toute légitimité à le faire, étant donné que beaucoup de décisions qui sont prises, en particulier au plus haut niveau, la concernent directement. Néanmoins, selon nous, il s’agit moins de défendre à tout prix la démocratie directe que de promouvoir la démocratie participative. Les conférences, les universités populaires et les réseaux sociaux permettent aux idées de circuler et nourrissent le débat d’idées. Ensuite, c’est aux représentants du peuple qu’il incombe de prendre des décisions.

Aller sur le site de « Cartes sur table » : http://cst2012.free.fr/

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