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Think n°14

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29 septembre 2010

C’est la rentrée !! Comme chaque année, le flot médiatique ressasse les mêmes thèmes à peine toilettés. Comme tout show bien orchestré, les acteurs en place ont un rôle déterminant. L’avantage, durant cette période, est qu’ils sont bien connus : experts es-éducation, syndicats de professeurs, association de parents d’élèves, etc…. Chacun prenant son rôle à cœur. Si tout le monde semble s’agiter autour de cette rentrée, c’est que l’école bien plus que toute autre institution en France renferme son lot de mythes et de croyances. Croyances dans la capacité de l’école à forger des citoyens. En effet, c’est sous la IIIème République que l’école devient le moteur essentiel de l’acculturation des masses au mythe républicain au travers notamment de l’imposition de la langue française au détriment des langues régionales. Mythes également concernant la méritocratie républicaine qui voudrait que tout enfant scolarisé ait les mêmes chances de réussite indépendamment des contingences extérieures.

L’école ne compense pas les déséquilibres extérieurs dont sont victimes les enfants. Toute chose égale par ailleurs, un enfant d’instituteur ou de professeur réussira toujours mieux qu’un enfant d’ouvrier spécialisé. Les choses ne sont que trop bien connues et il n’y a ici aucune nouveauté.

Malgré ces constantes sociologiques, il y a certaines évolutions. Parmi celles-ci, la croyance qu’avec l’école et le savoir les enfants des classes sociales défavorisées peuvent s’émanciper semble de plus en plus s’effriter. Les discriminations géographiques et ethniques en sont une des expressions les plus visibles. A diplôme et compétences égales, les personnes issues de villes ou de quartiers défavorisés et / ou d’origine étrangère auront moins de chance de trouver un emploi. A côté de ce phénomène bien connu de tous, il y en a un, plus pernicieux, qui concoure au déclassement général que subit l’école : l’intérêt que nous portons à la connaissance ou à la culture comme pratique d’acquisition. Dès lors que l’échelle de valeur d’un individu se mesure davantage à l’aune de ce qu’il possède que sur ce qu’il connait du monde qui l’entoure (histoire, littératures, sciences, etc…), à quoi bon s’asseoir sur un banc d’école écouter un individu qui gagne à peine 1500 euros par mois. La responsabilité est donc d’abord et avant tout celle des adultes dans la transmission des valeurs.

Rappelons que même si l’école ne peut gommer complètement les disparités sociales, elle n’en demeure pas moins le seul véritable facteur d’émancipation sociale.

Sans sous-estimer les problématiques techniques de l’école d’aujourd’hui : rythmes scolaires, évolutions des programmes, problèmes d’acquisition de la langue française dans les classes préparatoires, malaise des professeurs couplé à l’absentéisme de ces derniers (la liste serait trop longue…), nous devons remettre au premier plan la valeur du savoir, de la connaissance comme éléments constitutifs des jeunes personnalités dont nous avons collectivement la charge.

A notre niveau, c’est ce que nous essayons de faire depuis nos débuts à l’Observatoire Français des Think Tanks. Ce numéro 14 de Think est donc pour nous l’occasion de vous souhaiter une excellente rentrée et surtout une bonne lecture !

Sélim ALLILI

Président de l’OFTT

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