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L’Institut Montaigne

2 novembre 2006

L’INSTITUT MONTAIGNE

Adresse :38, rue Jean Mermoz, 75008 Paris
Tél : +33 (0)1 58 18 39 29
Fax : +33(0)1 58 18 39 28
Mail : info@institutmontaigne.org
Web : http://www.institutmontaigne.org
Président fondateur : Claude bébéar

Historique

Quand il crée l’Institut Montaigne, Claude Bébéar est frustré et désillusionné. Car, après avoir exercé plusieurs fonctions politiques, le constat du président du conseil de surveillance d’Axa est amer : en politique, difficile de s’attarder sur des questions de fond. En 2000, la décision est prise de fonder un groupe de réflexion pour pallier ce manque : l’Institut Montaigne est né. Si le nom de la nouvelle association est principalement le fruit du hasard, il incarne bien les objectifs de Claude Bébéar (liberté de pensée, bon sens, raisonnement et pragmatisme). Et n’est pas sans rappeler celui d’un autre groupe de penseurs inspiré de la Pléiade. Un certain Institut La Boétie, dont le fondateur, Bernard de la Rochefoucauld, est aujourd’hui président d’honneur de l’Institut Montaigne. En 2000, il s’agissait d’un pari si l’on considère le contexte culturel peu favorable à l’avènement de think tanks « à l’Américaine ». « La culture française très jacobine suppose que seuls les élus politiques ont la légitimité de formuler des propositions », explique Philippe Manière, directeur général de l’Institut. Depuis, l’association a fait son trou, accroissant sa visibilité et sa légitimité. Conséquence : ces deux dernières années, le nombre de membres est passé de 38 à 69. Pour un budget annuel d’environ deux millions d’euros.

Valeurs

L’Institut Montaigne considère l’économie de marché comme une donnée de base mais refuse de céder au laisser-faire. Pourtant, l’association se fixe un objectif audacieux en refusant de prendre position sur l’échiquier politique. Les résultats de ces travaux de recherche sont d’ailleurs mis gratuitement à la disposition de toutes les parties. « Il serait pourtant plus facile de prendre parti car il est très difficile d’être légitime dans les deux camps », ironise Philippe Manière. L’indépendance idéologique s’accompagne d’une indépendance pécuniaire. Pas de fonds publics, l’Institut est entièrement financé par 69 entreprises (publiques ou privées, françaises ou étrangères…) et 150 personnes physiques, dont la contribution ne peut dépasser 2,5% du budget total. Les membres de l’Institut Montaigne ne poursuivent aucun objectif électoraliste. Bénévoles au sein de l’association, ils veulent contribuer au déblocage de la France en apportant des solutions pragmatiques aux problèmes que connaît le pays. Une méthode simple : l’observation élémentaire. S’inspirer des expériences concluantes menées à l’étranger afin de formuler des propositions applicables à la France.

Missions

« Réfléchir, proposer, influencer ». Une devise qui résume les rôles que s’attribue l’Institut Montaigne. D’une part, celui de centre de recherche indépendant. Au fil des années, l’association s’est constituée en pôle de réflexion afin de devenir une vraie force de proposition sur tous les grands problèmes de la société française. Trois grands axes de recherche ont été définis. Le pôle « mobilité et cohésion sociale » regroupe les problématiques liées à l’égalité des chances, au gouvernement d’entreprise et à la formation professionnelle. L’axe « modernisation de l’espace public » renvoie à la réforme de l’Etat et de toutes ses composantes (justice, éducation, santé…). Enfin, les questions de « stratégie économique et européenne » concernent la réglementation et la politique industrielle européennes. Toutes les recherches donnent lieu à publication. Autre credo de l’Institut Montaigne : la promotion d’idées. Car, si l’association n’est pas un lobby (elle ne défend pas les intérêts particuliers d’un groupe), le lobbying est néanmoins une de ses activités principales. L’objectif : influencer les hautes instances dirigeantes en fonction des résultats des travaux de recherche. Et pour convaincre les élus, tous les moyens sont mis en oeuvre : envoi de documents, coups de téléphone et bien sûr, rendez-vous avec des personnalités des différents partis de droite et de gauche. Résultat : « sur 500 propositions formulées en cinq ans, 13% ont été débattues à l’Assemblée Nationale et 7% ont été adoptées », précise le directeur de l’Institut.

Publications

Les publications et conférences-débats de l’Institut Montaigne sont l’aboutissement des travaux de l’association. Toutes les propositions de l’Institut sont publiées sous forme de rapports, de notes ou de briefing papers. Trois types de publications sont également téléchargeables au format PDF sur le site Internet Les rapports rassemblent les conclusions des groupes de travail thématiques auxquels participent les membres permanents de l’Institut Montaigne. Pas de périodicité fixe mais une certaine régularité puisque un à quatre rapports sont publiés chaque année pour chacun des trois axes de recherche. La note correspond quant à elle à la perspective individuelle d’un chercheur sur une question d’actualité donnée. Comme le financement de la protection sociale par exemple, objet de la dernière synthèse parue en mai 2006. Elle est le résultat d’une mission de trois mois à un an confiée à un chercheur par l’association. Enfin, le briefing paper ou Amicus Curiae est la publication d’une réponse spontanée à une actualité immédiate.

Conférences

Une fois par mois, trois ou quatre personnalités sont invitées dans le cadre des « débats libre échange », organisés en partenariat avec l’association Les mardis de l’ESSEC. Face à un auditoire d’environ trois cents personnes, les intervenants débattent de thèmes précis comme le patriotisme économique ou la réforme de la justice. Souvent, ces conférences viennent en complément des travaux de recherche menés par les groupes de travail. En février par exemple, le « débat libre échange » était consacré au rôle de l’entreprise dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, alors qu’un rapport sur cette même thématique était publié. Ponctuellement, l’Institut reçoit également un invité spécialiste d’une problématique donnée, souvent étranger, pour ses rencontres « Au singulier ». En mars 2005, le prix Nobel d’économie de 1992, Gary Becker, a ainsi tenu une conférence intitulée « Vieillissement, immigration, croissance : vers un conflit de génération ? ». Enfin, l’Institut Montaigne organise un séminaire de réflexion annuel sur les think tanks au Conseil économique et social. Une journée complete de débats, découpée en trois tables rondes.

Par Sandrine Dignocourt

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