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Mémoire des luttes

14 mars 2008

Coordonnées

3, avenue Stephen Pichon 75013 Paris
Tel : 01 53 94 96 70
Mél : contact@memoiredesluttes.org
Site internet : www.memoiredesluttes.org

Historique

L’association Mémoire des luttes est portée par la figure emblématique et bienfaitrice de Gunter Holzmann, décédé en 2001 à l’âge de 89 ans. Ce juif allemand, condamné à fuir la menace hitlérienne, entreprit une nouvelle vie en Amérique latine où il épousa les causes des cultures indigènes, de l’environnement et des déshérités. Toute sa vie fut consacrée aux luttes pour un monde plus juste, plus libre, et plus égalitaire. C’est à son initiative que l’association - dont il a proposé le nom - fut créée le 7 janvier 2000 pour que perdurent ses combats et demeure leur mémoire. Mise en place, à sa demande, par Bernard Cassen et Ignacio Ramonet, l’association est aujourd’hui animée par Ramón Chao, Mireille Azzoug et Christophe Ventura. Son objectif principal est de rappeler les combats sociaux du passé, de soutenir ceux d’aujourd’hui et de préparer ceux de demain.

Valeurs

L’association, qui porte les valeurs d’une gauche radicale et antilibérale, s’inscrit dans la tradition des grandes luttes de l’Histoire. L’idée forte est d’affirmer la primauté du politique sur l’économie et le domaine financier. Elle s’inscrit dans le mouvement altermondialiste qu’elle souhaite approfondir et dépasser, pour développer une vision réaliste et politiquement viable. Ce post-altermondialisme doit s’appuyer sur ce qui se développe, en termes de propositions, d’alternatives et de pratiques, dans les mouvements populaires depuis une dizaine d’années, au Brésil avec le Mouvement des Sans Terre, en Inde avec le mouvement paysan, ou bien encore en Bolivie, en Equateur et au Venezuela. Dans tous ces pays, l’hégémonie du modèle néolibéral est en effet remise en cause dans le champ social et le champ politique. L’association Mémoire des luttes, de plus, s’engage, avec la revue internationale Utopie critique, dans la réalisation d’un Manifeste pour un socialisme du XXIè siècle dont elles veulent poser les principes, les valeurs et les orientations. C’est “une initiative qui tend à reconstituer une sorte de carte idéologique visant à faire accéder au pouvoir des forces antilibérales, donc radicales, mais aptes à gouverner. Il ne s’agit pas de faire un programme utopique, mais de se demander qu’est-ce qu’on peut raisonnablement faire [...] s’il y a une forte volonté politique et une forte mobilisation derrière” [1], explique Bernard Cassen lors d’un précédent entretien réalisé par Robert Chaouad pour l’OFTT.

Missions

Il s’agit pour Mémoire des luttes de “redéfinir un socle idéologique à opposer au projet néolibéral, comme à ses variantes sociales-libérales dans la perspective de la conduite d’une action gouvernementale”. Pour ce faire, l’association s’inspire des différents mouvements à l’oeuvre dans le monde et notamment en Amérique latine (qui fut le laboratoire des politiques néolibérales du Consensus de Washington et des institutions financières internationales, comme le FMI et la Banque mondiale, dès les années 1980) dont elle tente de décrypter les processus de transformation sociale. Au Venezuela par exemple : “la révolution bolivarienne est la première expérience politique menée à l’échelle d’un pays qui affirme sa volonté de transformer le capitalisme et de lutter contre son ordre impérialiste sur un ordre démocratique et non dogmatique depuis la chute du mur de Berlin et la fin de l’empire soviétique.” [2] L’expérience d’une volonté politique et d’une mobilisation populaire est déterminante dans ce processus de transformation sociale. Elle constitue le premier stade d’une évolution vers la prise du pouvoir politique. On voit en effet qu’au Venezuela, en Equateur, en Bolivie, les masses populaires sont mises en mouvement. La révolution bolivarienne est constituée d’une variété de groupes sociaux hétérogènes mais conscients des intérêts qu’ils ont en commun. Des organisations, des projets, des initiatives locales de toutes sortes prolifèrent. Selon les travaux de certains membres de Mémoire des luttes, un parallèle peut, dans une certaine mesure, être fait entre le bolivarisme, le socialisme et l’altermondialisme. Même si le contexte socio-économique du Venezuela (notamment la place prépondérante du pétrole dans l’économie) rend impossible une transposition en Europe, il semblerait que des enseignements puissent être tirés pour reconstruire, ici, un projet post-néo-libéral. Le bicentenaire des indépendances latino-américaines (1810-1830) sera une occasion pour l’association de mettre en lumière et de communiquer à un large public les leçons que l’on peut retirer de l’histoire des luttes sociales et politiques du sous-continent. A cette occasion, plusieurs séminaires, ouverts au public, sont prévus fin 2008, début 2009. Des publications et ouvrages généralistes seront également publiés à cette période. Le programme d’activités de Mémoire des luttes relatif à ce bicentenaire s’étalera de 2008 à 2013. Outre ses travaux sur l’Amérique latine, l’association se donne comme mission de promouvoir, en Europe, les débats sur l’avenir de l’altermondialisme. Elle participe également aux Forums sociaux, dont le prochain se déroulera en septembre 2008 à Malmö, en Suède.

Réalisations

L’association prévoit la parution régulière de divers articles. Deux publications (dans un premier temps disponibles sur la Toile) sont au programme : Les notes de Mémoire des luttes sont des analyses d’une quinzaine de pages dont le premier numéro paraîtra courant février et traitera du modèle économique au Venezuela et des mouvements coopératifs ; Les cahiers du postaltermondialisme seront liés au colloque “Altermondialisme et postaltermondialisme” organisé en janvier 2008, et seront le lieu d’analyses et de débats entre divers acteurs altermondialistes. Une collection d’ouvrages devrait aussi voir le jour. De plus, l’association prévoit de continuer à soutenir des publications. Mémoire des luttes a déjà soutenu les oeuvres de Ramón Chao et deux ouvrages aux éditions Mille et une nuits sur le parcours d’Ernesto Che Guevara (Justice globale - Libération et socialisme - et Voyage à motocyclette) Des événements seront organisés régulièrement. Le dernier a eu lieu le 26 janvier 2008, à Paris. Intitulé “Altermondialisme et post-altermondialisme”, ce colloque etait organisé dans le cadre de la journée internationale de mobilisation décidée par le Conseil international du Forum social mondial. Une vingtaine d’intervenants - militants altermondialistes, universitaires, chercheurs, journalistes - étaient présents.

Dirigeants et fondateurs

Ignacio Ramonet est directeur et éditorialiste du mensuel Le Monde diplomatique. En décembre 1997, son éditorial a été à l’origine de la création de l’association ATTAC. Il a été parmi les promoteurs du Forum social mondial de Porto Alegre dont il a proposé le slogan :“Un autre monde est possible”. Il est le fondateur de l’ONG internationale Media Watch Global (Observatoire International des médias) et de sa version française, l’Observatoire français des médias. Bernard Cassen a été le premier président de l’association ATTAC, de 1998 à 2002. Il a été l’un des concepteurs du premier Forum social mondial (FSM) à Porto Alegre et par la suite des multiples FSM et Forum social européen qui lui ont succédé, partout dans le monde. Il a collaboré au journal Le Monde à partir de 1967 avant de rejoindre la rédaction du Monde diplomatique en 1973. Ramón Chao est journaliste et écrivain galicien. Il a été rédacteur en chef du service Amérique latine de Radio France internationale et a créé, en 1984, le prix Juan Rulfo qui récompense chaque année une nouvelle littéraire en langue espagnole. Ramón Chao est l’auteur de plusieurs ouvrages évoquant sa région natale. Animateurs actuels Mireille Azzoug est directrice de l’Institut d’études européennes de l’université Paris VIII. Maître de conférences, elle est spécialiste des questions européennes et de l’histoire des idées en Europe. Mireille Azzoug est également collaboratrice de divers journaux dont le mensuel Le Monde diplomatique. Christophe Ventura a rejoint l’association altermondialiste ATTAC dès sa fondation en 1998. D’abord bénévole, il est ensuite devenu responsable du secteur international, entre 1999 et 2007. À ce titre, il a participé à la conception, à la promotion et à l’organisation des différents Forums sociaux mondiaux (FSM), continentaux (notamment du Forum social européen), et nationaux (Allemagne, Hongrie, etc.) depuis le premier FSM de Porto Alegre en 2001. Il est aujourd’hui trésorier de l’association Mémoire des luttes.

Partenaires

Du point de vue financier, Gunter Holzmann, fondateur de l’association, a fait un apport financier d‘un million de dollars dont Mémoire des luttes a reçu la majeure partie, le reste étant en discussion avec le mandataire du donateur. L’association, qui dispose de quelques dizaines de milliers d’euros pour son budget de fonctionnement annuel (la dotation de Gunter Holzmann ne peut être utilisée pour le fonctionnement quotidien de l’association), est encore à la recherche d’autres financements publics et privés. Sur le plan intellectuel, Mémoire des luttes travaille en étroite collaboration avec la revue internationale Utopie critique, avec qui elle partage diverses préoccupations. Leur collaboration se borne pour l’instant à la réalisation du Manifeste.

Site internet

Nouvellement créé (décembre 2007), le site ne contient pour l’instant que quelques articles et la présentation de l’association. Il s’enrichira au fur et à mesure, de notes, communiqués. Un blog est également en prévision.

Notes

[2Christophe Ventura « Pourquoi s’intéresser à la Révolution Bolivarienne ? » http://utopie-critique.fr

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