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PNAC - Project for the New American Century

18 juin 2007 par Olivier URRUTIA

Ce think tank centré exclusivement sur la politique de défense a été créé en 1997 par William Kristol et Gary Schmitt. Il est une annexe de New Citizenship Project fondé en 1994 qui s’est fixé pour mission : la promotion de l’implication et de la participation à la vie civique nationale américaine.
Le PNAC présente un visage plus limité car il se concentre sur le seul thème de l’American Global Leadership. L’organisation néo-conservatrice reçoit, dés le départ, l’appui financier des fondations Lynde & Harry Bradley, Scaife et John M. Olin. Si le projet initial fut lancé par William Kristol, de nombreuses personnalités de la scène politique et intellectuelle américaine le rejoignent rapidement.
Bien que le PNAC offre de multiples analyses et rapports concernant le vaste domaine de l’armement, de la Défense et des relations internationales, son objectif originel et officiel est d’apporter un soutien sans faille au principe d’interventions militaires américaines en Irak. Depuis les échecs constatés de cette politique et la défaite du camp Républicain aux dernières élections du Congrès, le think tank a perdu de sa légitimité et surtout de sa raison d’être, réduisant son équipe de travail à la portion congrue.

Coordonnées

1150, 17th, Suite 510
Washington, DC 20036
Telephone : (202) 293-4983
Site Internet : www.newamericancentury.org

Valeurs

Le PNAC se définit comme une organisation à but non lucratif dont la mission principale est la diffusion d’études, de rapports et d’analyses concernant les domaines de la Défense, de l’armement et de la sécurité nationale. Sa déclaration de principes placée sous l’idée de l’American Global Leadership se décline sur quelques points fondamentaux : le leadership américain est profitable aux Etats-Unis et au reste du monde ; ce leadership nécessite l’usage de la force militaire, d’un jeu diplomatique d’influence et d’un engagement à des principes moraux ; les dirigeants et le gouvernement américains doivent gérer ce leadership et en user afin d’obtenir une autorité absolue. Le PNAC aspire à prolonger la domination politique, économique, militaire et culturelle des Etats-Unis afin d’imposer au monde la Pax Americana (chère à Théodore Roosevelt), c’est-à-dire une paix globale sous la gouvernance américaine et de ses règles. Les analystes du PNAC envisagent le rôle prépondérant des Etats-Unis comme indispensable à la préservation de la paix en Europe, en Asie et au Moyen-Orient. Ils défendent la légitimité de l’usage de la force pour imposer le modèle démocratique américain en faisant le parallèle avec les transformations positives de l’Allemagne et du Japon après la Seconde Guerre Mondiale.

Missions

Lorsque le PNAC voit le jour, ses membres fondateurs veulent placer la politique de Défense et de la sécurité nationale au centre des débats. L’appui à des interventions armées constitue un argument en faveur de l’intérêt accrû pour le domaine de l’armement. Les points centraux qui _font l’objet de l’attention des experts du PNAC sont : la nécessité pour les Etats-Unis d’abandonner le Traité de non-prolifération des armes nucléaires ; un effort soutenu pour la conquête militaire de l’espace ; la multiplication de bases militaires américaines sur le globe pour garantir une police internationale (Global Constabulary) ; et le renouvellement technologique de l’équipement militaire américain. En réalité c’est toute la politique reaganienne basée sur une Défense forte qui est remise à l’ordre du jour par le PNAC, dont la plupart des membres ont servi dans l’administration du Président Reagan. Les propositions avancées par le think tank reposent sur une augmentation des dépenses militaires de 3,8% du PIB national pour le budget de la Défense et un renforcement des liens avec les démocraties alliées et le combat des régimes hostiles pour l’international.

Réalisations

Depuis 1997, les analystes du PNAC ont publié plus de 600 articles et rapports sous le prisme de la défense, divisés en sous-parties concernant l’Europe, Les Balkans, l’Asie et le Moyen-Orient, à destination des medias et des décideurs politiques américains, Congrès et gouvernement. Mais le document déterminant publié par le PNAC et sur lequel s’est appuyée l’administration de G.W. Bush pour sa politique de Défense et de relations internationales s’intitule « Rebuilding America’s Defenses ». La prépondérance de ce dossier symbolise le point culminant de l’influence du think tank et du courant néo-conservateur sur la vie politique américaine. En effet, les 90 pages du document en font un véritable programme politique de Défense, comprenant analyses, constats et recommandations à suivre pour le gouvernement en place, qu’il soit Démocrate ou Républicain. Le PNAC, très marqué du sceau du néo-conservatisme, veut en effet élargir son champ d’influence à tous ses interlocuteurs.

Toutefois, l’enlisement des Etats-Unis en Irak soulignant l’échec relatif de la politique défendue par le PNAC et la défaite des Républicains au Congrès lors des dernières élections législatives ont été le point de départ du déclin de ce think tank, une fois sa raison d’être désavouée par l’opinion et par les faits. Le caractère monothématique du PNAC (axe d’études exclusivement militaire) constitue l’autre cause de ce déclin. Le think tank portait intrinsèquement les signes de l’éphémère. Actuellement, le staff administratif initialement de sept personnes est réduit à un seul employé. De plus, bon nombre des membres du PNAC ont abandonné leurs fonctions au sein de l’organisation ou l’ont même désavouée tels que Richard Perle à l’origine d’un article paru dans Vanity Fair Magazine sous le titre évocateur de « Neo Culpa ». Seuls Gary Schmitt et Ellen Bork restent pour le moment membres actifs du PNAC.

Financements

Les fondations privées Bradley, Scaife et J.M. Olin ont, par leurs donations initiales, contribué à la création de Project for a New American Century et ont depuis, continué leur aide financière chaque année. Le PNAC se refuse de communiquer les chiffres relatifs à ses donations et à son budget de fonctionnement. Selon MediaTransparency (www.mediatransaprency.org) le New citizenship Project compte 64 donateurs corporatistes et industriels et a reçu entre 1994 et 2006, 4 millions de dollars dont plus de la moitié provenant de Carthage, Lynde & Harry Bradley, Sarah Scaife et Olin Foundations. Le PNAC aurait finalement bénéficié de 600.000 dollars depuis 1997.

Membres célèbres

Dirigeants William Kristol (Président et fondateur, journaliste au Weekly Standard et à la Fox News) Robert Kagan (Co fondateur du PNAC et membre du conseil des Affaires Etrangères) Bruce Jackson (Président de la commission des Etats-Unis à l’ONU) Randy Shennemann (Conseiller du Secrétaire d’Etat à la Défense, Rumsfeld) Mark Gerson (Directeur exécutif du PNAC)

Equipe de recherches
Gary Schmitt (Co fondateur, directeur exécutif du PNAC et du Foreign Intelligence Advisory)
Ellen Bork (Membre de l’International Republican Institute)
Thomas Donnelly (Membre de AEI et auteur de Rebuilding America’s Defenses)
Reuel Marc Gerecht (Spécialiste du Moyen-Orient à la CIA)
Timothy Lehmann (Directeur assistant)
Mickael Goldfarb (Chercheur associé)

Autres membres

Dick Cheney (Vice président des Etats-Unis)
Donald Rumsfeld (Ex secrétaire d’Etat à la Défense)
Paul Wolfowitz (Ex sous secrétaire d’Etat à la Défense, Président de la Banque Mondiale)
Jeb Bush (Gouverneur de Floride)
Gary Bauer (Ex candidat à la présidence des Etats-Unis, Président de « Valeurs Américaines »)
Dan Quayle (Ex vice président des Etats-Unis sous Bush senior)
Lewis Libby (Secrétaire général de Dick Cheney)
Richard Armitage (Ex directeur du Pentagone sous Reagan)
Woolsey (Ex directeur de la CIA)
Elliot Abrams (Conseiller à la sécurité nationale)
Richard Perle (Conseiller de G.W. Bush aux Affaires Etrangères)
Newt Gringrich (Ex président Républicain de la Chambre des Représentants sous Clinton)
John R. Bolton (Représentant des Etats-Unis à l’ONU)
Jeanne Kirkpatrick (Ambassadrice permanente des Etats-Unis à l’ONU)
Abraham Shulsky (Directeur de l’Office des Plans Spéciaux)
Francis Fukuyama (Président du Conseil de Bioéthique)
Douglas Feith (Numéro 3 du Pentagone)
Khalilzad (Ambassadeur des Etats-Unis en Irak)
Paula Drobriansky (Conseillère au Département d’Etat)
William J. Bennett (Directeur de l’Office National de la politique de contrôle des stupéfiants)
Eliot A. Cohen (Directeur du department des Etudes Stratégiques)
Midge Decter (Journaliste conservateur)
Steve Forbes (Millionnaire et propriétaire du Journal éponyme)
Aaron Friedberg (Membre du Aspen Strategy Group)
Donald Kagan (Professeur à Yale)
Norman Podhoretz (Membre du Council on Foreign Relations)
Vin Weber (Sénateur Républicain du Minnesota)
George Weigel (Membre du Ethics and Public Policy Center)
Peter W. Rodman (Assistant de Rumsfeld et vice president du Worlds Affairs Council)
Fred C. Ikle (Membre du Council on Foreign Relations)

Par Olivier Urrutia

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