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The Heritage Foundation

13 juillet 2007 par Olivier URRUTIA

Quand en 1973, le milliardaire et entrepreneur Joseph Coors, co-propriétaire de la Coors Brewing Company décida de s’impliquer dans la vie politique américaine, il fonda l’Heritage Foundation avec une première donation de 250.000 dollars. Depuis, le think tank a pris de l’importance, tant par sa taille que par son influence dans le paysage politique national. L’Heritage Foundation est à ce jour le think tank conservateur le plus écouté aux Etats-Unis. Les administrations de Ronald Reagan et de G.W. Bush se sont régulièrement appuyées sur ses rapports d’analyses et ses préconisations. Plus de 6200 études ont été publiées ces trente dernières années : politique, économie, justice, religion, société, moral, défense. Si Heritage se déclare conservateur, il se veut indépendant. Ses missions sont diverses : de la rédaction de dossiers et de rapports à destination du gouvernement et du Congrès à la création de nouvelles techniques de communication des idées politiques, en passant par la formation d’élites.

Coordonnées

Heritage Foundation
214, Massachusetts Avenue NE
Washington, DC 20002-4999
Phone : (202) 546-4400
www.heritage.org

Valeurs

L’Heritage Foundation se déclare comme une organisation privée, à but non lucratif, dont les donations, conformément à la loi régissant la fiscalité des think tanks, ne sont pas soumises à l’impôt. L’institut se consacre à la recherche, à l’information, à l’éducation et à la promotion de ses valeurs. Sa déclaration de principes reprend les idées de libre entreprise, d’un gouvernement au champ d’action limité, de la liberté individuelle, d’une défense forte et de la promotion des valeurs traditionnelles américaines. Décidé à ne pas se cantonner au rang d’analyste, Heritage affirme apporter des solutions « clé en main » fondées sur ses croyances conservatrices et à les faire accepter par le Congrès, les exécuteurs politiques, les médias et l’opinion publique. En effet, Heritage, dont le désir est de « promouvoir avec agressivité » ses idées, fait appel en 2006 à la firme juridique Foley & Larduer afin de la conseiller et de la préparer à discuter avec le Congrès en évitant d’être assimilé à un lobby, ce que lui interdisent ses statuts.

Missions

L’esprit moderne et novateur qui anime ses actions est la principale caractéristique de l’Heritage Foundation. L’institution et ses membres ont su rendre leur travail d’expertise indispensable par la rédaction de rapports concis et simplifiés et de synthèses appelées « briefcase test ». L’idée est de rendre facile d’accès et à usage immédiat, des propositions politiques dont les aspects abstrus et techniques pouvaient freiner leur application. Heritage est pionnière dans ce concept du marketing des idées politiques, en travaillant au niveau du packaging, des relations publiques et du contenu. Si le think tank soutient plus naturellement les administrations des Présidents Républicains au pouvoir, il collabore aussi avec les Démocrates, comme le Sénateur John Breaux, affirmant un peu plus son indépendance et son envie d’échapper à un carcan trop limité.

Réalisations

L’aura d’Heritage en fait un élément incontournable de la scène politique des Etats-Unis. En 1981, le think tank publie une recompilation de plus de 1000 pages adressée au Président Reagan, « Mandate for Leadership », de ses analyses et de ses recommandations concernant la gestion du budget et de l’administration. Dans la décade des années 80, l’ouvrage est d’ailleurs un pilier fondamental de ce qu’on appelle la « doctrine Reagan ». L’élaboration du dossier militaire « Strategic Defense Initiative » (connu comme concept de la « Guerre des étoiles ») à destination de la Défense, s’inscrit dans sa lutte durant la Guerre Froide contre l’idéologie communiste.

Dans le domaine économique, Heritage Foundation publie chaque année et conjointement avec le Wall Street Journal, la revue internationale « Index of Economic Freedom » qui calcule le niveau de démocratie d’un Etat en fonction des droits à la propriété privée, du niveau de corruption d’un gouvernement, de la régulation et limitation de celui-ci, des obstacles au commerce international, de l’existence d’un marché noir, des dépenses de l’Etat, du droit du travail…

En 2006, l’Heritage Foundation a crée le Margaret Tatcher Center for Freedom avec pour objectif la promotion de la coopération et de l’alliance transatlantique entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Le think tank lance également des formations diplômantes en partenariat avec des universités prestigieuses comme Harvard.

Financement

Animé par un souci de transparence et de légitimité, Heritage communique annuellement ses rapports financiers, détaillés, archivés et disponibles en libre accès sur son site internet. En 2005, son budget de fonctionnement s’élevait à 29,7 millions de dollars. Les donations individuelles représentent près de la moitié du total. L’autre part revient aux donations provenant de fondations privées, telles que les Bradley, J.M. Olin et Scaife Foundations. Le milliardaire Richard Mellon Scaife et ses fondations s’associèrent rapidement à Heritage par le moyen de donations substantielles afin de soutenir son développement lors des premières années. L’autre groupe de mécènes est constitué d’une centaine d’entreprises, comptant principalement Chase Manhattan Bank, Dow Chemical Company, Ford Motor Company, General Motors, Mobil, Procter & Gamble et le groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline. Enfin, preuve de son attachement à la question des relations internationales, l’institut a reçu en 1995, une donation de 400.000 dollars de Samsumg et depuis 2004 d’un million de dollars de la Korea Foundation.

Membres

Dirigeants

Edwin J. Feulner (Président depuis 1977)
Phillip N. Truluck (Vice président)
Stuart Butler (Vice président et responsable de la politique économique)
Mickael Franc (Vice président et relations avec le gouvernement)
Rebecca Hagelin (Vice présidente et communication, marketing)
Kim R. Holmes (Vice président, responsable de la politique étrangère et de défense)
Becky Norton Dunlop (Responsable de la politique énergétique et de l’environnement)
Ariel Cohen (Spécialiste du Moyen-Orient)
Lee Edwards (Spécialiste des mouvements conservateurs)

Analystes

Richard V. Allen (Responsable de la sécurité nationale des USA sous Reagan entre 81 et 82)
L. Paul Bremer (Directeur de l’assistance humanitaire et de reconstruction en Irak)
Elaine Chao (Secrétaire d’Etat à l’emploi, conseillère de G.W. Bush)
Lawrence Di Rita (Porte-parole du Pentagone, assistant de Rumsfeld)
Mickael Johns (Haut responsable du secteur de la santé publique)
John F. Lehman (Banquier, secrétaire d’Etat à la Navy sous Reagan, membre de la Commission d’enquête du 11 Septembre 2001)
Edwin Meese (Attorney General de 85 à 88)

Membres Honoraires

David R. Brown (Président émérite et professeur de médecine à l’Université d’Oklahoma)
Richard M. Scaife (Membre émérite, milliardaire)
Joseph Coors (Milliardaire et fondateur de l’Heritage Foundation)
Steve Forbes (Milliardaire, fondateur de la revue Forbes)

Par Olivier Urrutia

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